La fin

Loin de moi l’idée d’entamer ici un débat sur l’euthanasie.
Mon opinion est que délivrer un vieux compagnon de ses souffrances dans la sérénité et la dignité est le dernier service que l’on puisse lui rendre.

Quand arrive le moment de la fin, qu’il soit brutal ou prévisible, le propriétaire ressent toujours un choc émotionnel intense et il est donc utile de savoir quelles seront les étapes de ce chemin de croix afin d’y être préparé. Le chagrin est assez intense pour ne pas devoir en plus, se trouver confronté à toute une série de tracasseries administratives et autres auxquelles on est  pas préparé.

La façon la plus facile de se débarrasser d’un cheval est de l’envoyer à l’abattoir. Pour le propriétaire c’est net, sans bavure et en plus, au lieu de coûter en temps et en argent ça rapporte des sous. Du point de vue du cheval le tableau est complètement différent. Il sera embarqué sans ménagement dans une bétaillère surpeuplée, acheminé souvent pendant de longues heures (voir des jours) sans eau ni nourriture jusqu’à l’abattoir, où il sera parqué au milieu des autres en attendant son tour. La mise à mort elle-même n’est pas toujours parfaite et il arrive trop fréquemment que les chevaux soient ‘terminés’ à la masse.

Trêve d’images macabres, parlons plutôt ici de la façon la plus correcte de faire parvenir votre cheval dans les prairies éternelles.

Si la décision peut être prise préventivement, c’est à dire avec un certain délai, le mieux est de prévenir le clos d’équarrissage (vous obtiendrez les coordonnées de celui-ci via votre vétérinaire) de la date fatidique afin que la dépouille puisse être enlevée le jour même. (Le clos d’équarrissage ayant généralement des jours de passage prévu pour certaines régions autant tenter de faire coïncider les dates.

Afin que la dépouille puisse être enlevée sans encombres il sera utile de procéder à l’euthanasie dans un endroit facilement accessible au camion. Surtout pas dans le box où il arrive que le cheval mort doive être découpé afin de pouvoir l’en extraire.
Le lieu devrait être choisi aussi en fonction du cheval, inutile de le stresser exagérément en lui faisant subir cette ultime épreuve dans un endroit totalement inconnu.

L’euthanasie à proprement parler se passe de la façon suivante : le vétérinaire injecte d’abord un sédatif au cheval, pour le calmer, puis il lui injecte une dose massive de barbituriques qui paralyse la fonction respiratoire puis le cœur. La durée ne devrait pas excéder 10 minutes.

La question maintenant est de savoir si vous voulez être présent ou pas. Voir mourir un cheval n’est pas une partie de plaisir, encore moins quand c’est un compagnon chéri depuis longtemps. Sa chute peut sembler grotesque et certains soubresauts peuvent se produire suite à l’injection de barbituriques. L'animal  ne souffre pas puisqu’il est anesthésié mais il risque de  donner à son propriétaire l’illusion de se battre contre la mort. Si vous ne vous sentez pas le cœur à accompagner votre cheval, laissez  une personne de confiance s’en occuper. Une telle décision ne vous discrédite en aucun cas et ne diminue pas l’amitié que vous pouviez avoir pour votre cheval. Vouloir garder de lui une image ‘vivante’ est parfaitement normal.

La seule recommandation que je vous ferais est de ne pas assister à l’enlèvement du corps par le clos d’équarrissage, âmes sensibles s’abstenir.

Les causes qui mènent à devoir euthanasier un cheval sont multiples.
Les raisons accidentelles (fracture) sont les plus fréquentes quand le cheval est encore jeune, les coliques avec complications sont aussi responsable d’une majorité d’euthanasies.
Quand un cheval devient vraiment vieux il faut voir si son état général lui permet d’avoir encore une vie digne de ce nom. La barrière se situe à différents niveaux selon les personnes concernées. Boiterie invalidante, état général dégradé, grave maladie, tous les cas de figures peuvent être envisagés. Votre vétérinaire vous sera un conseiller précieux, ce qui ne vous empêche pas, en cas de doute, de demander un deuxième avis.
Ne laissez pas votre cheval souffrir inutilement sous prétexte que vous n’arrivez pas à vous décider. Une fois que tout a été tenté pour le soulager, laissez-le partir en paix et le plus rapidement possible, il vous en sera reconnaissant.

Le jour où vous aurez à traverser cette épreuve, sachez que tous les mots de réconfort seront vains mais dans le fond de votre cœur vous saurez que vous avez bien fait.
Afin que votre vieux compagnon trotte toujours dans votre tête et sur le net il vous est possible de mettre sa photo sous la rubrique In Memoriam de ce site, afin de faire savoir à tous les surfeurs quel merveilleux compagnon il a été.
 
 
 

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