La Retraite
Contrairement à l’homme, il n’y a pas d’âge fixe pour mettre un cheval à la retraite. Certains sont "usés jusqu’à la corde" à 15 ans, d’autres travaillent encore allègrement à 25.
Tout cavalier devrait donc envisager la mise à la retraite au moment de l’achat du cheval.
Les trois
questions qui se posent sont : où, quand, comment ?
Question subsidiaire
(et non des moindres) : à quel prix ?

QUAND
Tout dépend
bien évidemment de ce que l’on entend par "mise à la retraite".
Un
cheval de compétition dont les performances diminuent, peut être
recyclé soit pour enseigner son savoir aux débutants, soit comme
"cheval de loisir", à raison de quelques petites promenades par semaine.
Il est d’ailleurs
fortement déconseillé de
passer brutalement d’une activité intensive à un "far niente" total.
Une diminution progressive de l’activité est nettement meilleure, tant
pour le physique que le moral du cheval. Au plus longtemps il
"travaille" (voir cette rubrique) au plus longtemps il restera "bon
pied, bon œil".
Malgré tout,
il arrive un jour où tout
travail lui devient impossible et où il faut bien se résigner en ranger
selle et bridon pour lui laisser enfin goûter aux joies dune "retraite
bien méritée".
Les
signes qui ne trompent pas sont outre une boiterie chronique, un manque
d’allant évident, des défenses au montoir, une certaine apathie, manque
d’appétit etc. Si tout problème physique a été éliminé le cheval nous
fait savoir qu’il en a assez de travailler pour nous et qu’il a besoin
de se reposer.
COMMENT
Tout dépend de
la vie que le cheval a
menée jusqu’alors. Mettre un cheval à la retraite ne signifie pas
l’oublier seul dans un pré, loin de là.
Tout changement radical
dans la gestion du quotidien d’un cheval, surtout s’il est âgé se
révèle très traumatisant pour lui.
Un cheval qui a passé
sa vie en box, dans
l’ambiance "survoltée" d’un club, risque de s’ennuyer à mourir si on le
place du jour au lendemain dans un pré. Il n’a pas appris à faire face
aux intempéries, aux mouches et autre "joyeusetés" de la vie en plein
air. Il a du mal à "cohabiter" avec ses congénères bref, la vie pour
lui est loin d’être drôle. C’est comme si on déplaçait un citadin
endurci au fin fond de la campagne, il s’ennuie et regrette sa vie
d’avant.
Il sera donc judicieux d’habituer ce genre de cheval à la vie au pré, en le laissant sortir quelques heures par jour, d’abord en compagnie d’un seul autre cheval qu’il connaît puis en l’introduisant petit à petit dans un troupeau.
Pour un cheval qui a toujours vécu au pré, la transition est plus facile. Le tout est de ne pas le changer brutalement d’environnement (climat, chevaux "amis", nourriture etc.), la meilleure solution étant bien sûr de la laisser continuer à vivre dans son environnement familier en veillant à ce que ses besoins spécifiques soient respectés (voir rubrique soins).
OU
Difficile question. Pour le propriétaire qui dispose d’un box et d’un pré à son domicile la question ne se pose pas, le cheval reste là où il a toujours été et c’est la meilleure solution.
Pour le cheval
qui a toujours été en
pension la question devient plus cruciale. Deux problèmes se posent :
les infrastructures qui sont offertes et le prix.
Il est indispensable
que le cheval à
la retraite bénéficie d’un pré où il pourra aller s’ébattre tous les
jours en compagnie d’autres chevaux. Tous les clubs ne bénéficient pas
de ce genre d’infrastructure, les prairies sont rares, souvent
interdites en hiver et il faut donc penser à déménager mais vers où ?
Les refuges spécialisés affichent complet dans la majorité des cas, ils donnent généralement la priorité aux chevaux de clubs et autres chevaux malheureux et n’acceptent que rarement le cheval d’un particulier. Oubliez cette piste.
Certains
hébergeurs se sont spécialisés
dans l’accueil de chevaux "à la retraite". Parmi ces spécialistes il y
a le meilleur comme le pire. Une visite d’inspection est donc
indispensable.
Le mieux est évidemment
de trouver une pension proche où vous pourrez rendre régulièrement
visite à votre ami. Cela lui permettra de faire plus facilement la
transition de la vie active à la retraite et de ne pas se sentir
abandonné.

Etant donné le
prix, la
tentation est forte de "louer un pré quelque part" pour mettre son
cheval en prairie à moindre frais. Sachez toutefois qu’il s’agit malgré
tout d’un investissement lourd, moins en argent qu’en temps.
Le
pré doit être muni d’un abri, d’un accès à l’eau, d’une réserve de foin
et de paille si le cheval doit y passer été comme hiver. Les clôtures
devront être installées et vérifiées régulièrement et surtout vous
devrez RENDRE VISITE A VOTRE CHEVAL TOUS LES JOURS (et même 2 fois par
jour en hiver pour le nourrir). Il vous faudra nettoyer l’abri, trouver
une solution pour l’évacuation du fumier, installer une source de
lumière pour les moments ‘sombres’ de l’année etc.
De
plus, un cheval seul en prairie est un cheval malheureux, il faudra
donc lui trouver au moins un compagnon, deux personnes mettant leurs
vieux chevaux en prairie ensemble peuvent se partager le travail (à
condition de bien se mettre d’accord sur les tâches respectives et
d’avoir une confiance totale en son "co-locataire"). Si vous devez
acheter un compagnon pour votre cheval, vous pouvez multiplier le temps
de travail par deux.
A QUEL PRIX
N’oubliez pas
qu’un cheval, même
retraité a besoin de nourriture, de vaccins, de vermifuge, du passage
régulier du maréchal-ferrant et probablement de frais vétérinaires
supplémentaires dus aux problèmes liés à l’âge. Les pensions "pour
chevaux âgés" sont loin d’être gratuites, car hormis le fait que le
cheval à la retraite ne nécessite plus de piste intérieure et/ou
extérieure les frais de maintenance restent les mêmes (nettoyage du
box, entretien des prairies, rentrer et sortir les chevaux matin et
soir etc.) et que tout travail mérite salaire. Méfiez-vous donc des
solutions "trop belles pour être vraies" qui sont souvent de l’arnaque
pure et simple.
L’UNCPS
en France a mis sur pied un réseau de pensions à prix "honnête",
labellisées Pré-vert qui garantissent un environnement idéal et un
suivi correct des chevaux ‘retraités’
Autant de problèmes qui transforment la mise à la retraite de votre compagnon en parcours du combattant. Voilà pourquoi il n’est jamais trop tôt pour commencer à y réfléchir ! (CQFD)
LES BONNES ADRESSES
Si vous connaissez un endroit de rêve pour mettre un cheval à la retraite, n’hésitez pas à m’envoyer un mail afin que je rajoute cette "perle rare" à cette rubrique.
En Belgique (et en France) ils se chargent de regrouper les 'bonnes adresses'
Le Centre
Hippogériatrique
Rue des Sureaux 6
5300 Andenne
Tél. 081/58.00.73 - 0473/41.76.11
E-mail :
postmaster@hippogeriatrie.be
Web :
www.Hippogeriatrie.be

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