Soins
Le cheval âgé nécessite bien sur les mêmes soins que ses congénères plus jeunes mais son grand âge implique souvent une gestion quotidienne plus intense. Le moindre petit "bobo" peut facilement le handicaper beaucoup plus que ce ne serait le cas chez un autre cheval.
Dressons donc la liste des soins spécifiques à prodiguer aux vieux chevaux.
Au fur et à mesure que l’âge avance, les dents du cheval présentent une angulation de plus
en plus aiguë. Le tartre s’installe, la mastication devient difficile. Une visite bi-annuelle du dentiste équin est indispensable pour tenter de "sauver" ce qui peut encore l’être et donner
un maximum de bien-être à notre vieux compagnon. Il arrive aussi que certaines dents puissent se casser ou carrément tomber. Une dent cassée blessera le cheval dans la partie interne de ses
joues et l’empêchera de mastiquer correctement. Certains signaux d’alarme sont : le fait de retrouver des grains entiers, non mastiqués dans le crottin ou des "chiques" qui sont des "boules"
d’herbe ou de foin que le cheval coince entre sa dent abîmée et la partie douloureuse de sa bouche et qu’on retrouve "recrachées après usage" dans la litière.
Un cheval même édenté partiellement ou totalement peut toujours continuer à vivre, il faudra dès lors adapter sa nourriture à ce nouveau handicap en qualité et en
quantité. Mon vieux Bounet (30 ans) n’a plus d’incisives mais il réussit néanmoins à brouter, il a adopté une technique qui lui est bien particulière et il arrive à se nourrir tout
l’été en prairie à condition que l’herbe soit suffisamment riche et les fibres assez longues tout en restant tendres. Une bonne prairie de "vaches laitières" qui serait beaucoup trop riche
pour tout autre cheval lui permet de passer des vacances en prairie tout l’été. Au moindre signe d’amaigrissement il est bien sûr complémenté avec un picotin adapté.

Même si tous les chevaux, même vieux peuvent vivre en prairie toute l’année, nos papys sont
néanmoins beaucoup plus sensible au froid et aux intempéries que les plus jeunes.
Deux causes à cet état de fait : leurs "raideurs" leur
permettent moins de bouger suffisamment pour se réchauffer et les fibres dont la digestion produit la chaleur interne nécessaire sont moins bien digérées et donc moins efficaces. Ce n’est
donc pas de la sensiblerie que de couvrir un cheval âgé dès que la température devient trop fraîche. Une bonne couverture type "new zealand" les protège du froid et des intempéries et leur
permet de se dégourdir les membres même au cours d’un hiver rigoureux. Si votre cheval reste en prairie toute l’année veillez à ce que son pré soit pourvu d’un abri sec et à l’abri du vent
afin qu’il puisse se coucher pour se reposer tranquillement. Une bonne façon de voir si votre cheval a froid est de lui tâter la base des oreilles, si elle sont froides c’est mauvais signe.
Dans les cas extrêmes le cheval se mettra à trembler et à redresser son poil d’hiver.
Il ne faut néanmoins pas exagérer dans le sens contraire. Ne mettez pas une couverture trop tôt à votre cheval il risquerait de ne pas faire suffisamment de poils d’hiver et l’effet escompté serait inverse.



Le cheval supporte en réalité mieux le froid que les températures trop chaudes.
Mais la plaie essentielle
de l’été ce sont les mouches, moustiques et autre taons qui gâchent la vie et le plaisir de tous les chevaux et des plus vieux à fortiori. Il existe sur le marché toute sortes de produits
répulsifs qu’il faut appliquer souvent car leur durée d’efficacité est très limitée. Le cheval âgé, persécuté par les « bestioles » pourra courir excessivement pour tenter de s’en
débarrasser ce qui, avec la chaleur, les problèmes locomoteurs et un cœur peut-être défaillant risque de lui être néfaste.
Il existe plusieurs
solutions qui ont toutes leurs avantages et inconvénients.


Un cheval âgé devrait passer le moins de temps possible dans son box. Un maximum de mouvement, à son rythme ne peut que lui faire du bien.
Si box il y a autant qu’il soit le plus confortable possible. Prévoyez un box de grande taille. Le cheval vieillissant a besoin de se coucher (stalle à proscrire absolument) plus souvent qu’un autre pour reposer ses membres fatigués. Comme il n’a plus autant de souplesse il faut éviter à tout prix qu’il ne reste coincé contre un mur en essayant de se relever. Donc un box grand et paillé "en bateau" sera le mieux adapté. Paillé en bateau signifie que les bords du box sont plus paillés que le centre.
Il faut à tout prix éviter les courants d’air tout en maintenant une bonne aération, une couverture supplémentaire en hiver sera meilleure pour le cheval qu’un box hermétiquement fermé, empestant l’odeur d’ammoniac et la poussière de foin ou de paille.
En ce qui concerne la litière je considère personnellement que la paille, bien épaisse est la meilleure solution.
Confortable et chaude, elle présente un excellent rapport qualité/prix et a une capacité d’absorption tout à fait correcte.
Quand l’hiver est
particulièrement froid, je laisse au fond du box une couche de fumier séché, appelé "gâteau" dans certaines région qui dégage encore un peu plus de chaleur. Ce gâteau a un avantage
supplémentaire, il évite au cheval de déraper sur un sol bétonné et insuffisamment paillé. Il est évident que cette couche ne doit dégager aucune odeur et être largement recouverte tous les
jours de paille fraîche.
Le vieux cheval, plus que tout autre doit disposer d’eau à volonté, il est utile de surveiller la quantité d’eau ingérée et donc éventuellement de remplacer l’abreuvoir automatique par un seau au moindre doute.
Si vous concevez vous-même le box de votre vieux cheval, pensez à prévoir une porte très large, la dernière heure étant venue, il sera plus facile de le sortir par une ouverture de taille adéquate que par un petit portique.

Le cheval âgé bénéficiant souvent de moins d’activités et donc de distraction que ses congénères plus jeunes, devra être mis dans un box où il pourra bénéficier d’un maximum d’animation (sans pour autant vivre dans un milieu stressant, difficile équilibre !). Comme pour tout autre cheval, un contact permanent tant olfactif, que visuel et tactile est indispensable à son bien être.
En ce qui concerne la gestion quotidienne de l’habitation de votre cheval, référez-vous à nombre de sites généralistes. Nos propos étant ici de parler des soins spécifiques pour les chevaux âgés.

La prairie est le lieu le mieux adapté pour garder un vieux cheval. Il faut néanmoins veiller à certains aménagements qui sont bons pour tous les chevaux mais indispensables aux chevaux âgés.
Le cheval est un animal qui, dans la nature, parcourt plusieurs kilomètres par jour, l’exercice quotidien est indispensable au cheval vieillissant, à condition de ne pas le mettre avec quelques "jeunots" qui risquent de le pourchasser et lui faire faire plus d’exercice que souhaitable ou des efforts dont il n’est plus capable. Une marche lente, tout en broutant ne peut que lui être salutaire.
Notons que la prairie devrait être la plus plane possible et ce pour plusieurs raisons : les prairies fort pentues reportent tout le poids du cheval sur une partie de son corps et risquent donc de provoquer une fatigue excessive des antérieurs ou des postérieurs. La pente accentue aussi les efforts fournis par le dos qui représente souvent le point faible du cheval âgé. En cas de pluie ou de sol détrempé la pente s’avère glissante ce qui sollicite excessivement les tendons.
La qualité de l’herbage devrait être nettement supérieure à celle que l’on recommande habituellement pour les chevaux.
Un cheval jeune sur une prairie trop riche risque une fourbure sévère, le cheval d’âge par contre "profite" mieux d’une pâture riche, ses problèmes dentaires, son système digestif déficient
et son besoin accru de repos font qu’il a besoin d’un apport calorique supérieur à ses congénères plus jeunes pour rester "en état". Là aussi "l’œil du maître" reste l’élément déterminant,
s’il est vrai que les cas de fourbure sont plus rares au plus le cheval prend de l’âge, il ne faut pas tenter le diable. Par contre, si le cheval perd du poids malgré un herbage de bonne
qualité il ne faudra pas hésiter à complémenter avec du grain et faire réaliser une prise de sang par le vétérinaire afin de s’assurer qu’aucune pathologie n’est à l’origine de cette
maigreur. Sachez toutefois qu’un cheval âgé vit plus facilement s’il est "mince" que trop gros. Un excès de poids l’handicape au niveau de la locomotion (poids excessif sur des articulations
déjà affaiblies) et lui demande plus d’efforts à tous les niveaux.
Un abri est indispensable dans la prairie (voir L'été et L'hiver) ainsi que l’accès illimité à de l’eau claire et propre et à un pierre à sel afin de compenser les éventuels manques en sels minéraux.

N’OUBLIEZ PAS VOTRE CHEVAL EN PRAIRIE ! UNE VISITE QUOTIDIENNE EST INCONTOURNABLE.
Ce n'est pas parce qu'un cheval est vieux qu'il ne peut plus être infesté par les vers il est donc indispensable de continuer un protocole vermifuge tel qu'il a toujours été administré du 'temps de sa splendeur'. Si le cheval a passé sa vie active en box exclusivement et que 2 vermifuges par an étaient suffisants il ne faut pas oublier que le pré est l'endroit idéal pour être infesté et qu'il sera donc utile de passer à 4 vermifuges par (à chaque changement de saison). Un dossier complet est disponible en clickant ici.
Pas de pied pas de cheval, ce dicton est valable aussi pour le cheval âgé. Néanmoins il ne faut pas oublier que la ferrure est un 'mal nécessaire' le cheval en 'service restreint' pourra parfaitement s'en passer, ceci permettra au pied de reprendre une forme plus 'naturelle' et à la pompe de la fourchette qui renvoie le flux sanguin dans le membre pourra travailler à plein rendement. Ceci devrait contribuer à diminuer les risques d'œdèmes des membres (les célèbres 'poteaux' de box).
Malgré tout la transition ne sera pas évidente pour tous les chevaux. Le pied, habitué depuis des années à être 'protégé et éloigné' du sol va ressentir plus durement ce contact avec la réalité du sol. Le cheval devra apprendre à regarder où il met les pieds et à éviter les zones qui risqueraient de lui faire mal.
Mais déferrer ne signifie en AUCUN CAS faire venir moins souvent (ou plus du tout) le maréchal et il faudra veiller à ce que celui-ci soit compétent pour parer les 'pieds nus' ce qui semble ne pas être évident vu l'habitude installée de ferrer tous les chevaux quel que soit le terrain sur lequel ils évoluent. Le sabot, privé de son 'armure', aura tendance, probablement, dans un premier temps à s'effriter en paroi et le propriétaire consciencieux aura appris à limiter les dégâts entre deux passages de l'homme de l'art.
Il y a extrêmement peu de pathologies qui nécessitent une ferrure à vie pour le cheval. Il y a parfaitement moyen d'effectuer un parage qui compensera les éventuels problèmes locomoteurs du cheval. Ce n'est pas à 20 ans qu'on va redresser des aplombs défectueux et si le pied n'a plus la jolie petite forme bien ronde qu'on aime tant à regarder c'est parce que la jambe en amont n'a plus la rectitude d'antan non plus. le cheval compense les douleurs de l'âge et le pied s'adapte, en voulant à tout prix rectifier cette tendance on risque d'induire des pathologies nouvelles dont notre papy se serait bien passé.
La mue bisannuelle du cheval âgé est un cap souvent difficile à passer. Faire du poil d'hiver ou s'en débarrasser empiète sévèrement sur les réserves énergétiques, le cheval est fatigué, semble moins en forme et nécessite donc un regain de surveillance et de soins. Un apport en vitamines (B essentiellement) et en oligo-éléments (cuivre et zinc) facilitent la transition.
Évitez de couvrir trop rapidement votre cheval en début d'hiver et laissez lui le temps de faire son poil d'ours. Au printemps, par contre, il est utile de l'aider à se débarrasser de son poil d'hiver en le brossant quotidiennement. Il est fréquent que la mue de printemps se fasse de façon 'bizarre' et que le cheval se retrouve quasiment 'chauve' à certains endroits et mue par plaques. Il arrive aussi régulièrement que les poils d'hiver persistent longtemps sous le ventre et je déconseille fortement de tondre le cheval car ces poils protègent le cheval de l'humidité et du froid du sol de la prairie. La tonte n'est indiquée que si le cheval n'a pas perdu son poil d'hiver quand la température a dépassé les 25° et qu'il commence à souffrir fortement de la chaleur, il faut alors envisager que votre cheval souffre d'un syndrome de cushing.
La plupart des chevaux font un poil d'hiver beaucoup plus épais et plus long en prenant de l'âge. La nature est bien faite, au plus il vieillit, au plus votre papy est sensible au froid et il se prémunit donc de façon naturelle contre les inconvénients de l'hiver.
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